L’Agir-thérapie et le processus PCAD

A propos de l’Agir-thérapie

L’Agir-thérapie prend ses fondements dans les travaux d’Abraham Maslow, l’Approche Centrée sur la Personne de Carl Rogers et  le Focusing d’Eugène Gendlin*. Le processus PCAD de l’Agir-thérapie donne toute sa grandeur à l’action juste.

L’Agir-thérapie s’appuie sur l’affirmation de Maslow que nous sommes des êtres toujours en cours d’actualisation de notre potentiel.

Ce potentiel qui peut être bloqué au cours de notre existence va toujours chercher son chemin dans la profondeur pour s’exprimer, telle la plante qui se fraie son chemin à travers la roche pour grandir.

L’éducation et la thérapie ont pour visée de favoriser le développement du potentiel pour la première et de débloquer ce qui est bloqué pour la seconde.

Carl Rogers propose des attitudes spécifiques de la part du thérapeute, pendant les séances, pour soutenir la tendance actualisante (actualisation du potentiel) de la personne, toujours en chemin.

Par le focusing, Eugène Gendlin continue le travail de Rogers en affirmant que le corps exprime la tendance actualisante à travers des sensations corporelles, agréables ou désagréables.

Elle nous invitent à entendre le message du corps: le sens que les situations ont profondément pour nous ainsi que les possibilités proposées pour dénouer les crises ou pour aller plus loin dans l’aisance.

L’intellect seul ne peut accéder à ces significations et à ces ressources.

Le processus PCAD de l’Agir-thérapie nous propose de rassembler toutes les données inédites, entendues dans les séances d’ACP-Focusing pour voir l’action juste.

Le but ultime de l’existence étant d’être heureux, nous ne saurons être heureux si nous ne trouvons pas notre place dans le monde.

Seule l’action juste permet de trouver cette place, avec l’aide des prises de conscience et des compréhensions inédites.

L’action est la dernière étape incontournable sur le chemin de guérison intérieure.

Une séance d’Agir-thérapie avec PCAD

Dans l’accompagnement, quand le besoin se présente, l’agir-thérapeute accompagne le client dans le dialogue avec le corps, en prenant appui sur le ressenti corporel. La personne sort ainsi d’un système d’explications exclusivement mentales et répétitives. Elle peut accéder à des informations plus inédites pour la situation difficile.

Exemple d’accompagnement à travers le ressenti corporel

  1. Cliente: « … c’est comme un clapet dans la gorge.
  2. Thérapeute: Vous pouvez rester avec cette sensation de clapet … le laisser prendre toute sa place?
  3. Cliente: … il y a comme un poids dessus qui l’empêche de s’ouvrir.
  4. Thérapeute: … Restez avec … Pouvez-vous l’inviter à vous en dire un peu plus de sa présence?
  5. Cliente: … comme si je ne digère pas quelque chose.
  6. Thérapeute: … Laissez la sensation prendre toute sa place … Vérifiez votre posture d’accueil …. Vous pouvez inviter la sensation de vous en dire un peu plus?… Qu’est-ce-que vous ne digérez pas par exemple?
  7. Cliente: (silence) … la maladie de ma mère … ne pas devenir comme elle. »

Par son écoute sensible et non exclusivement intellectuelle, le thérapeute entre en résonance avec les formulations du client. Il a aussi le souci de soutenir le client dans sa résonance aux reformulations proposées, par des questions spécifiques.

A travers l’exploration d’une situation, cette coopération permet au client de mieux se connaître et se comprendre. Il développe une relation plus sensible à soi. La compréhension plus profonde et plus complète peut changer son regard sur lui et sur la situation.

Une séance d’Agir-thérapie mobilise donc les ressources du client et du thérapeute: un travail en alliance au service de la personne.

Exemple d’écoute en résonance

Mme P. consulte car elle a du mal à laisser son fils de 25 ans se débrouiller seul. Le dialogue avec le ressenti corporel nous ramène à la dépression de sa mère.

  1. Cliente: « Elle était couchée tout le temps … et elle était souvent en maison de repos.
  2. Thérapeute: Elle devait vous manquer.
  3. Cliente: Oui, c’est petit, 6 ans, de se débrouiller seule, … (les larmes coulent), c’est ça, te débrouiller seule, … t’as du mal parce que t’es petite.
  4. Silence.
  5. Thérapeute: … C’est douloureux de vous souvenir que vous vous débrouilliez seule et que vous aviez du mal.
  6. Silence … Les larmes continuent de couler.
  7. Thérapeute: De dire ça, est-ce-que ça vous permet d’y voir plus clair avec votre fils.
  8. Cliente (acquiesce): …  je n’ai jamais pensé que ça a à voir avec moi et ma mère … j’ai toujours cru que c’est parce qu’il n’est pas autonome, … ou que je ne sais pas y faire. »

Une séance d’Agir-thérapie se termine par la verbalisation du pas suivant qui permet l’action ajustée à la situation de départ. Ce pas se fait en s’appuyant sur le corps et sa capacité à savoir ce qui est bon pour soi.

Exemple de fin de séance

  1. Thérapeute:  » Est-ce qu’il y a eu quelque chose d’intéressant pour vous et que vous pouvez utiliser pour avancer par rapport à votre question de départ?
  2. Cliente:  … Je crois que je vais écrire à mon grand-père. »

Tout le processus de l’Agir-thérapie soutient le déploiement intérieur et extérieur de la personne.

Une séance d’Agir-thérapie mobilise les ressources du thérapeute et du client: un travail en alliance au service du développement de la personne.

A propos du processus PCAD (présence, compréhension, action, déploiement)

L’Agir-thérapie nous propose d’intégrer le processus PCAD comme un art de vivre, pour nous situer et agir différemment dans le monde..

La 1ère étape ou l’exercice de la Présence nous sort de cette habitude d’agir de manière compulsive ou réactionnelle, avec peu de recul et de prise de données.

Cette présence est dirigée vers soi, l’autre et la situation. Elle sollicite la dimension féminine ou la mère intérieure, dimension de l’apparente passivité qui permet la temporalité.

Cette gestation, très active intérieurement, nous permet de prendre le temps de recueillir les données par nos sens (observer, entendre, sentir). En laissant se poser et mûrir toutes ces données recueillies, la présence provoque une alchimie aboutissant à la compréhension profonde des faits.

Nous parvenons à la 2ème étape, celle de la compréhension, où le processus du déploiement intérieur est déjà bien enclenché. Entrer dans une vision plus large, accéder à des données inédites et vivre en contact avec notre profondeur donnent déjà un sentiment de confort, d’espace et de confiance. Une décision menant à une action ajustée peut émerger de cet espace.

Cette action juste donne souvent des résultats heureux. Émerge alors la sensation de compétence, de confiance et de déploiement.

Cependant, n’étant pas tout-puissants, même en exerçant l’action la plus ajustée, nous n’avons pas la garantie d’obtenir toujours des résultats attendus.

La 3ème étape, celle de l’action, sollicite la dimension masculine, avec sa structure et sa fermeté pour mener méthodiquement l’action à son terme.

Devant un résultat mitigé, il s’agit de revenir à l’étape 1 pour accueillir l’émotion difficile (déception, peur, doute, etc), voir les enjeux qui n’ont pas été suffisamment vus et continuer à ajuster l’action.

L’Agir-thérapie et le processus PCAD facilitent l’émergence du père et de la mère intérieurs.